Lulu Gainsbourg

gainsbourg

Etre doté d’une pensée musicale, s’exprimer avec les notes, les silences et les touches d’un piano, plus qu’à travers les mots, forge un destin. Celui de Lulu Gainsbourg s’approche de ces artistes au monde intérieur vertigineusement vaste, cultivant l’art de la peinture musicale, cherchant la fin de chacune de leurs phrases dans un instant décisif ou suspendu, un accord irrésolu. Si Lulu Gainsbourg a hérité quelque chose de son père Serge, c’est son rapport à la beauté du son, frôlant l’obsession de la perfection, un désir de communiquer à travers la création, d’être comme il le dit : « Le reflet d’une partition ».

En 2011, Lulu Gainsbourg entamait sa carrière discographique avec un album de reprises, From Gainsbourg to Lulu, un passage de témoin au titre sincère et éloquent. S’accompagnant des voix de Marianne Faithfull, de Rufus Wainwright ou de Scarlett Johansson, il avait exprimé l’amour, l’attente, l’étrange contrepoint entre absence et silencieuse présence. Publié trois ans plus tard, Lady Luck sonnait comme un état des lieux d’un jeune homme assis au piano face à une rupture sentimentale douloureuse, composant douze titres originaux, épaulé de guest stars comme l’actrice Anne Hathaway et son amie d’enfance, l’artiste peintre, Ara Starck.

Depuis, Lulu Gainsbourg n’a cessé d’avancer, d’explorer, prenant du recul, ôtant des couches, étudiant la perspective de son tableau musical, le temps qu’il fallait pour composer un sujet qu’il voyait de moins en moins flou, de plus en plus net : « Je cherchais encore ma voix, ma propre façon de chanter, de raconter… »

Non sans humour, c’est à travers un jeu de mots, « T’es qui là », titre de son nouvel album, que Lulu Gainsbourg affirme enfin toute l’étendue de son talent d’interprète.